Les origines du tarot de Marseille
Le Tarot de Marseille est aujourd’hui l’un des jeux de cartes divinatoires les plus connus en Europe.
Pourtant, à l’origine, il ne s’agissait pas d’un outil ésotérique mais d’un simple jeu de cartes qui a fait son apparition à la fin du Moyen Âge.


Le terme « tarot de Marseille » ne désigne pas une création purement marseillaise, mais un style iconographique standardisé : figures stylisées, couleurs franches (rouge, bleu, jaune), symboles forts comme Le Bateleur, La Papesse, L’Impératrice ou Le Monde.


Les premières traces du tarot remontent au XVe siècle en Italie du Nord, notamment à Milan, Ferrare et Bologne.
Ces jeux, appelés « tarocchi », étaient commandés par des familles nobles comme les Visconti-Sforza. Ils comportaient déjà 78 cartes : 56 arcanes mineurs proches des cartes classiques et 22 atouts illustrés devenus plus tard les arcanes majeurs.
À cette époque, le tarot est un divertissement aristocratique, sans dimension mystique.
Le modèle dit « de Marseille » apparaît plus tard, entre le XVIe et le XVIIe siècle, lorsque la production de cartes se développe en France, notamment à Lyon et à Marseille, important centre d’impression et de diffusion.
Au XVIIIe siècle, le tarot bascule dans l’ésotérisme. Des auteurs comme Antoine Court de Gébelin affirment, sans preuve historique, que le tarot aurait des origines égyptiennes et contiendrait un savoir initiatique caché.
Cette interprétation inspire ensuite des occultistes du XIXe siècle, notamment Éliphas Lévi, qui associent les arcanes à la kabbale et à l’hermétisme.
Aujourd'hui, les historiens s’accordent pour indiquer que le tarot est né comme un jeu de cartes en Italie avant d’être réinterprété symboliquement plusieurs siècles plus tard.
Le tarot de Marseille est donc à la fois un héritage artistique de la Renaissance européenne et le support d’une tradition ésotérique qui s'est construite progressivement.
